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Arrêt de l'allaitement et sentiment de culpabilité

  • Photo du rédacteur: camillecosmao
    camillecosmao
  • 16 mars
  • 5 min de lecture

J’ai allaité mon fils pendant près de 5 mois, et ces souvenirs me semblent déjà loin.

Il y a eu des moments de doute, de questionnement, parfois d’incompréhension. Pourtant, cette période reste l’une des plus belles de ma vie.

J’ai eu la chance de vivre un allaitement serein : mon bébé a tout de suite trouvé le sein et a su téter efficacement. Tout s’est fait naturellement. J’avais confiance en lui, en moi, en mon corps et j’étais même émerveillée de voir à quel point la nature est bien faite.

Finalement, les débuts ont été bien plus simples que l’arrêt.

C’est justement pour cela que j’écris cet article : pour vous partager mon expérience du passage du sein au biberon. Une étape plus complexe que je ne l’imaginais, marquée par des doutes… et surtout par un fort sentiment de culpabilité.


Premier allaitement, premières découvertes

Les débuts ont été assez délicats. Mon fils est arrivé en avance, avec un petit poids de 2,6 kg.

Je n’ai pas pu assister à la réunion sur l’allaitement organisée par ma sage-femme, prévue quelques jours avant sa naissance. Je suis donc arrivée à la maternité sans avoir eu le temps de me renseigner comme je l’aurais voulu.


Après mon accouchement, la montée de lait est arrivée à J+4, à la suite d’une stimulation assez difficile, liée à un manque de connaissances et à un accompagnement insuffisant de la part des sages-femmes sur place.


Et puis, tout a changé. La montée de lait passée, j'ai repris confiance. Pouvoir nourrir mon fils a été un sentiment extraordinaire, que j'ai eu la chance de partager avec son papa, tout aussi ému que moi.


Je me souviens être sortie de la maternité légère, heureuse et rassurée de savoir que j’étais capable de le nourrir.


Allaiter partout, tout le temps

J’ai adoré ces 5 mois, où tout semblait si simple. Pas besoin de transporter toute la panoplie : biberons, lait, eau…


Certes, les nuits étaient hachées. Mais l’allaitement nocturne a un effet apaisant : il stimule la production d’ocytocine, l’hormone de la détente, ce qui facilite l’endormissement, pour le bébé comme pour la maman. Même réveillée plusieurs fois par nuit, je ne me sentais pas épuisée. Les tétées duraient une quinzaine de minutes et devenaient de vrais moments de calme et de connexion avec mon fils, souvent suivis d’un retour rapide au sommeil. D’ailleurs, plusieurs études suggèrent que les mères allaitantes se rendorment plus facilement et accèdent plus rapidement à un sommeil profond, comme l'explique cet article.


La journée, j’allaitais partout : au parc, dans les cafés, en voiture lors de pauses sur la route, chez la famille ou les amis. Avec mon conjoint, nous aimons sortir, bouger, et l’allaitement ne nous en a jamais empêchés, bien au contraire.


La transition sein - biberon

Et puis, est venu le moment de l'arrêt progressif de l’allaitement… une étape difficile à traverser.

Pourtant, mon fils a été très conciliant. Mes inquiétudes se portaient sur lui : comment allait-il vivre cette transition ?


À la maternité, nous lui avions déjà donné des biberons de complément, le temps que la montée de lait se mette en place, afin de stabiliser son poids. Par la suite, nous avons continué à lui proposer occasionnellement des biberons de lait maternel, pour qu’il reste familiarisé avec ce mode d’alimentation.


Nous avons donc choisi de rendre cette transition la plus progressive possible, pour ne pas le brusquer et aussi parce que nous avions le temps de le faire. Petit à petit, nous sommes passés d’un allaitement exclusif à un allaitement mixte. Contrairement à l’allaitement à la demande, ce fonctionnement rendait plus difficile l’évaluation des quantités de lait consommées sur 24 heures.

Le seul véritable indicateur restait son comportement : lorsqu’il repoussait le sein ou le biberon, nous savions qu’il était rassasié.


Pleurs, culpabilité, chute d'hormones

Je ne suis pas allée au bout des 6 mois d’allaitement exclusif, pourtant recommandés par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé). La première chose qui m’a traversé l’esprit lorsque j’ai commencé à réduire l’allaitement, c’est : "Je ne donne plus le meilleur à mon fils" ; "Je ne suis pas allée assez loin dans l’allaitement, je n’en ai pas fait assez."

Et bien sûr, c’est une période très riche en émotions : les hormones ne nous aident pas. Le sevrage entraîne une baisse des taux de prolactine (l’hormone de la lactation, qui favorise la détente) et d’ocytocine (l’hormone de « l’amour », qui renforce le lien affectif).


Sans oublier les discours des professionnels et de nombreuses mamans que l’on entend et voit beaucoup sur les réseaux sociaux : « L’allaitement est ce qu’il y a de mieux pour le bébé. » Je partage tout à fait ce point de vue.


Mais il existe aussi une réalité, plus ou moins facile à vivre selon chaque femme. On peut aimer allaiter à 100 %. De mon côté, même si j’ai adoré cette expérience, je ne cache pas avoir parfois traversé des moments plus difficiles, où je l’ai ressenti comme une charge mentale, notamment dans l’organisation des moments où l’on s’absente, même pour une courte durée.

Si l’on souhaite donner son lait maternel au biberon, il faut alors utiliser un tire-lait, trouver des moments dans la journée pour tirer… et encore faut-il que cela fonctionne !


C’est tout le paradoxe de la maternité, de la parentalité : vouloir ce qu’il y a de mieux pour son enfant, tout en ayant besoin de se sentir bien, sans surcharge mentale, et de garder aussi un peu de temps pour soi, pour se retrouver et se réapproprier son corps.


Se dire qu'on a fait le meilleur

Après en avoir discuté avec des amies, je crois que le tout est de se dire qu'on a fait le meilleur. Allaiter 15 jours, 1 mois, 3 mois, 6 mois… peu importe la durée, chaque femme est différente et fait en fonction de son mode de vie et de son quotidien. Chaque tétée, chaque câlin, chaque moment partagé avec son enfant a été unique et continuera de l’être, de mille autres façons, même après l’arrêt de l’allaitement. Une maternité épanouie ne se mesure pas à la durée de l’allaitement, mais à la qualité du lien construit, jour après jour.


Comme je l’ai évoqué plus haut, les changements hormonaux sont prévisibles. L’important est de savoir qu’ils vont arriver, de les accepter, de prendre soin de soi et de laisser ces émotions s’évacuer tout doucement.


La nostalgie peut aussi revenir rapidement, et c’est normal.

Si j’ai la chance d’être maman une deuxième fois, je sais déjà que je tenterai à nouveau l’aventure de l’allaitement, peut-être pour quelques mois supplémentaires 🥰🤱




 
 
 

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